A Adolphe Gaïffe

By Théodore Banville

Written 1856-01-01 - 1856-01-01

Jeune homme sans mélancolie,

Blond comme un soleil d'Italie,

Garde bien ta belle folie.

C'est la sagesse ! Aimer le vin,

La beauté, le printemps divin,

Cela suffit. Le reste est vain.

Souris, même au destin sévère !

Et quand revient la primevère,

Jettes-en les fleurs dans ton verre.

Au corps sous la tombe enfermé

Que reste-t-il ? D'avoir aimé

Pendant deux ou trois mois de mai.

Cherchez les effets et les causes,

Nous disent les rêveurs moroses.

Des mots ! des mots ! cueillons les roses.