À alix de v…

By Alphonse Lamartine

Written 1823-01-01 - 1823-01-01

Que notre œil tristement se pose,

Enfant, quand nous nous regardons !

Nous manque-t-il donc une chose,

Que du cœur nous nous demandons ?

Ah ! je sais la pensée amère

Qui de tes regards monte aux miens :

Dans mes yeux tu cherches ta mère,

Je vois ma fille dans les tiens !

Du regard quels que soient les charmes

Ne nous regardons plus ainsi :

Hélas ! ce ne sont que des larmes

Que les yeux échangent ici.

Le sort t’a sevré de bonne heure,

Toi de ton lait, moi de mon miel.

Pour revoir ce que chacun pleure,

Pauvre enfant, regardons au ciel !