A aman jean

By Paul Verlaine

Written 1890-01-01 - 1890-01-01

VOUS m’avez pris dans un moment de calme familier

Où le masque devient comme enfantin comme à nouveau.

Tel j’étais, moins la barbe et ce front de tête de veau

Vers l’an quarante-huit, bébé rotond, en Montpellier.

J’allais dans des Peyroux, tranquillement avec ma bonne,

J’y faisais mille et des fortins de sable inexpugnables

Et des fossés remplis, mon Dieu, des eaux les moins potables

Suivant l’exemple que Gargantua pompier nous donne.

J’y voyais passer des processions, des pénitents

Et proclamer la République en ces candides temps

Où tant d’un tas d’avis n’étaient pas encore inventés.

Mais malgré ce souci de nos jours qu’il agite et trouble

Et d’autres ! au tréfonds de mes moelles encor butées

Je demeure assuré, – conforme à votre excellent double.