À célimène

By Paul Verlaine

Written 1895-01-01 - 1895-01-01

Bon, encore une trahison !

Quand serons-nous à la millième ?

Ça vaudra mieux que de raison !

J'aime en toi ce trésor sans fin

D'amour en dehors l'un de l'autre

Et j'approuve ta belle faim.

Je ne comprends guère Strindberg

— Un nom qu'à grand-peine on prononce,

De titre froid, tel un Spitzberg.

Plus tu nous auras tous faits tels

Que tu le veux, j'espère, chère,

Qu'alors, sur nos fronts immortels

Pousseront aux prés, dans les bois,

Partout, autant de cornes belles

Que ton cœur a de beaux émois.

Et ce te sera sous le ciel,

Témoin de l'auguste mystère,

Quel hommage torrentiel

De tous les cocus de la terre !