A claudius popelin

By Théophile Gautier

Written 1872-01-01 - 1872-01-01

Le Temps efface l'Art avec un doigt trop prompt,

Et l'Éternité manque à la forme divine.

Le Vinci sous son crêpe à peine se devine,

Et de Monna Lisa l'ombre envahit le front.

Ce que nos yeux ont vu, bien peu d'yeux le verront.

On cherche au Vatican Raphaël en ruine,

Michel-Ange s'éteint aux murs de la Sixtine,

Comme Apelle et Zeuxis ils s'évanouiront.

Mais toi, mon Claudius, tu fixes ta pensée ;

Tel que l'ambre une fleur, l'immarcescible émail

Contre les ans vaincus abrite ton travail.

Des reflets de l'iris ton œuvre est nuancée,

L'ardente transparence y luit sur le paillon,

Et chez toi l'Idéal a toujours son rayon.