À fernand crance

By Paul Verlaine

Written 1895-01-01 - 1895-01-01

L'enfant avait reçu deux bons yeux dans la tête,

Quelque chose de dur et de doux à la fois,

Puis il avait encore hérité d'une voix

Où le commandement se mêlait à la fête.

Cordiale qu'on a de craindre sa maman

Si peu, mais trop parfois, on dirait une douche !

Donc ce moutarde était, dans son charme, farouche

Si peu qu'il en était unique, croyez-m'en.

Et j'ai fait ce sonnet qui n'est pas régulier

Pour, quand il sera grand, que le cher enfant m'aime

Et surtout que sa mère, en attendant de même

Qu'il grandisse, ait pour moi, le vieil irrégulier,

Tels sentiments d'amitié franche et forte, même !

— Et que vive l'enfant, pour ne pas l'oublier !