A la mémoire d'octave le normand

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1932-01-01 - 1932-01-01

Il s'est éteint seul dans la nuit,

Mort modeste, douce et sans bruit

Comme son existence.

Au milieu des êtres aimés,

Paisible, il dort à poings fermés

Et d'un sommeil immense.

Rien. Il ne s'est pas réveillé.

Peut-être un rêve émerveillé

Plane-t-il sur sa tête.

Il fut bon, tendre, dévoué.

Il ne nous reste qu'à louer

Sa mémoire parfaite.

Autour de sa mort, le bercail

Sent l'honnêteté, le travail,

Le courage sans trêve.

Ses effets sont prêts, tout autour

De son lit, comme chaque jour,

Exprimant : "Qu'il se lève !"

La montre pend, qui mesura,

Au dormeur caché sous le drap,

Sa minute dernière.

Il n'a pas su qu'il s'en allait.

C'était la fin qu'il lui fallait,

Sobre et familière.

Pour lui tout est bien. Mais pour toi

Qui l'as trouvé rigide et froid

Dans sa suprême pose,

Pour toi qu'il laisse seule, ainsi

Qu'une orpheline au cœur transi,

Ma sœur, oh ! Quelle chose !…