A l’âme de Dumollard
Written 1919-01-01 - 1919-01-01
JE rêve quelquefois aux frais coffrets de pierre
Où la cupide Mort met ses joyaux de prix,
Où les corps tant aimés par son ombre surpris
Gardent encor leur grâce en perdant la lumière.
Amant inassouvi des chairs de cimetière,
Consolateur des morts, toi seul plein de mépris
Pour les corps où le sang met un tiède pourpris,
Tu gardais tes baisers aux pâleurs de la bière.
Je voudrais bien savoir, poète méconnu,
Ceux que tu préférais de ces corps mis à nu
Le linceul soulevé de la vierge encor fraîche
Ou la chair trentenaire et que mûrit l'amant,
Et que mûrit la mort encor plus savamment,
Très molle avec des bleus, comme une vieille pêche ?