A leurs majestés
Written 1925-01-01 - 1925-01-01
Dans cet asile calme où le culte des lettres
Nous fut fidèlement transmis par les vieux maîtres
Ainsi que le flambeau de l’antique coureur,
A ce foyer, dans cette atmosphère sereine,
Bienvenue à la jeune et belle Souveraine !
Bienvenue au noble Empereur !
Votre chère présence est partout acclamée
Par l’imposante voix du peuple et de l’armée
Émus de sentiments profonds et solennels ;
Et, sur la foule heureuse et de respect saisie,
Vous voyez les couleurs de France et de Russie
Palpiter en plis fraternels.
Tous les vœux des Français vont, Sire, au fils auguste
Du magnanime Tsar, d’Alexandre le Juste ;
Car en vous son esprit pacifique est vivant.
Vous, Madame, devant vos yeux purs et sincères,
Dans les groupes charmés, vous entendez les mères
Vous bénir, vous et votre enfant.
Ici s’éteint le bruit dont un peuple s’enivre.
Nous pouvons seulement vous présenter le livre
Qui garde ce trésor : la langue des aïeux ;
Mais, chez nous, c’est la France encor qui vous accueille,
Et vous lirez le mot : « amitié » sur la feuille
Qu’elle place devant vos yeux.
Puis nous évoquerons notre gloire passée,
Nos devanciers fameux, princes de la pensée,
Corneille, Bossuet, tant d’autres noms si beaux,
Avec l’orgueil de voir nos souvenirs splendides
Honorés par vous, Sire, ainsi qu’aux Invalides
Vous saluez nos vieux drapeaux.
Enfin, bien à regret, — l’heure si tôt s’écoule, —
Nous vous rendrons tous deux à l’amour de la foule,
Au grand Paris offrant son âme en ses clameurs,
Mais pour vous suivre aussi dans cette ardente fête
Où vous êtes portés, comme a dit un poète,
En triomphe sur tous les cœurs.