A lord byron

By Maurice Bouchor

Written 1876-01-01 - 1876-01-01

Ah ! vivre comme toi, grand cœur désespéré,

Et mourir comme toi sur la terre étrangère ;

S'enfuir en Orient pour chercher la lumière,

Et chanter jusqu'au bout comme un cygne sacré.

Ayant tout épuisé, l'amour, le vin doré,

Toi, tu n'attendis pas le commandeur de pierre ;

Et tu sus te créer une ivresse dernière,

Trépassant en héros et de gloire entouré.

Oui, la mer te lassait de sa plainte éternelle,

Car ton âme, ô Byron, était plus grande qu'elle ;

Et, fatigué de tendre à l'Inconnu tes bras,

Tu voulus d'un seul bond te jeter dans l'abîme,

O poëte immortel, effrayant et sublime

Qui mourus pour un rêve et qui n'y croyais pas !