A l'orée des prodiges

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Les anges qui jouaient du luth, de la mandore,

de la viole, où volent-ils ? ceux dont la voix

de soprani berçait l'Enfant-dieu qui s'endort,

une pomme en sa main, dans l'ombre de la croix ?

Où volent-ils, les anges blonds aux longues robes ?

Dans le ciel ravagé de mortels météores,

quel nuage de sang à nos yeux les dérobe ?

J'écoute, au bord des nuits, l'oreille à leur margelle.

Le silence divin parfume seul l'haleine

de la terre endormie. Anges, à tire d'ailes

revenez, revenez des envolées lointaines !

Mon âme tremble, nue, à l'orée des prodiges,Mon âme tremble, nue, à l'orée des prodiges,

mon âme est à l'affût des choses éternelles.