A m. victor billaud

By Jean Baptiste Caouette

Written 1892-01-01 - 1892-01-01

Asile du poète, ô belle Académie,

Congrès où siège seul le talent reconnu,

Ah ! tu daignes offrir, trop généreuse amie,

Dans ton temple un fauteuil à moi, barde inconnu !

Eh ! que pourrais-je faire au milieu de confrères

Mûris par la science et le rude labeur,

Imberbe que je suis ? ‒ J'oubliais : leurs lumières

Éclaireront la voie de mon esprit rêveur.

Du reste, pour avoir un titre à leur estime

Et le droit précieux de suivre leurs leçons,

Souvent je leur dirai dans le langage intime :

Ma lyre pour la France aura toujours des sons !

Unissant mes accords à ceux de nos poètes,

Sulte, Gingras, Gauvreau, Fréchette et Beauchemin,

En chœur nous chanterons ses brillantes conquêtes,

Sa grandeur, sa richesse et son heureux destin !

Sait-elle assez comment nous l'aimons, cette France ?

Ah ! nous le lui dirons avec un fier accent.

Nous avons partagé sa gloire et sa souffrance,

Terrassé ses rivaux, lutté vingt contre cent…

Oui, j'accepte, Monsieur, vos offres gracieuses !

Nos muses désormais franchiront l'océan ;

Et voyageant ensemble elles diront, joyeuses :

Succès, gloire à Québec ! Succès, gloire à Royan !