A monsieur évelart

By François Coppée

Written 1925-01-01 - 1925-01-01

Lorsque, collégien rempli d’instincts pervers,

J’ânonnais ma leçon ou faisais mal mon thème,

Fronçant vos gros sourcils, mais souriant quand même,

Vous m’avez quelquefois infligé cinq cents vers.

Académicien cousu de lauriers verts,

Aujourd’hui je me venge et vous lis un poème ;

Et vous, sous qui j’ai fait jadis ma quatrième,

Vous devez le subir. C’est le monde à l’envers.

Le « pensum » sera court, rassurez-vous, cher maître,

Car il me suffira d’un sonnet pour y mettre

Le tribut d’amitié de tous vos vieux enfants,

Qui, pris par l’action ou séduits par les rêves,

Tous obscurs ou fameux, tous lettrés ou savants,

Par la chaleur du cœur sont restés vos élèves.