A paul verlaine

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1910-01-01 - 1910-01-01

Paul Verlaine, opulent esprit, cœur plus que riche,

Qui tramas par le monde un pas de mendiant,

Roi de tous les trésors et pauvre Lélian,

Ton corps seul a quitté la vie absurde et chiche.

Ton œuvre est là, bon pain, inépuisable miche

Aux miettes d'or léger partout s'éparpillant.

Tu n'aimais que pleurer pour toi-même, en riant…

Ah ! ta gloire !… Vivant, tu dirais : « Je m'en fiche ! »

Aujourd'hui, nous voici qui faisons un tombeau

Pour toi, le vieil ivrogne incurable du beau,

Et qui lui préférais encore le sensible.

Oui, le beau, le sensible et la nuance et tout,

Tout ce qui peut se vivre et même l'impossible,

Verlaine très humain, grand poète, grand fou !