A propos d’un « centenaire » de calderon

By Paul Verlaine

Written 1888-01-01 - 1888-01-01

CE poète terrible et divinement doux,

Plus large que Corneille et plus haut que Shakspeare,

Grand comme Eschyle avec ce souffle qui l’inspire,

Ce Calderon mystique et mythique est à nous.

Oui cette gloire est nôtre, et nous voici jaloux

De le dire bien haut à ce siècle en délire :

Calderon, catholique avant tout, noble lyre

Et saints accents, et bon catholique avant tous,

Salut ! Et qu’est ce bruit fâcheux d’académies,

De concours, de discours, autour de ce grand mort

En éveil parmi tant de choses endormies ?

Laissez rêver, laissez penser son Œuvre fort

Qui plane, loin d’un siècle impie et ridicule,

Au-dessus, au-delà des colonnes d’Hercule !