A shelley

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1932-01-01 - 1932-01-01

Je te supplie, à travers ce grand froid

Où sont les morts dans l'éternel peut-être,

Belle âme, toi qui restes plus qu'un roi

(Pour le génie avoir été c'est être),

Cœur merveilleux, ami présent toujours

Car ton fantôme en tes livres repose,

O toi, parfum d'impérissable rose

Jeune à jamais quand le temps suit son cours,

Shelley, chantante alouette de songe,

Si haut, si haut qu'on n'en voit plus l'essor,

Par ta richesse, ô donneur de trésors,

Amant du rêve et non point du mensonge,

Ainsi que toi, je suis poète ici,

Enseigne-moi ! Je veux que tu me donnes

De quoi chanter joie et douleur aussi.

Je veux renaître en ta langue saxonne !