À ***

By Victor Hugo

Written 1898-01-01 - 1898-01-01

Ou vous êtes naïf ou vous êtes subtil.

Une réforme ! où donc ? Un progrès ! quel est-il ?

Vous dites qu'un grand pas est fait. Quel pas ? Je cherche.

A Mandrin pataugeant Jocrisse tend la perche.

Le coup d'état devient ondoyant et divers.

Nous en vîmes l'endroit, nous en voyons,l'envers.

Je ris sans admirer. Quel spectacle ! Sodome,

Brusquement transformée en Paraclet ; Prudhomme

Trouvant trop rouge encor le bonnet de coton

D'Arlequin qui jadis se grimait en Caton.

Tom Pouce dans un coin qui se croit cent coudées ;

La trahison criant : Messieurs, j'ai des idées !

L'ogre au bon peuple enfant disant : Baisez papa !

Tous les sous-entendus d'un faux mea culpa ;

L'empire devenu, sorte d'oison sans ailes,

Presque un pensionnat de jeunes demoiselles ;

Tibère concourant pour le prix Monthyon ;

Goton rose devant la moindre question ;

Rouher baissant les yeux, Maupas mettant un voile ;

Et toujours l'araignée au centre de sa toile !

Toujours le piège ! Une ombre où grondent les fléaux !

Aujourd'hui, le néant et demain le chaos !

Un nain creusant un gouffre !

Ô Dieu partout visible,

Sauve-moi du petit, fût-ce dans le terrible !

Jette-moi, Dieu puissant, chez quelque nation

Entrant, superbe et sombre ; en révolution,

Ou sur quelque océan que la tempête éclaire !

Que j'entende, épelant ce que dit ta colère

Dans un langage obscur, mystérieux et beau,

Ou la foudre parler, ou tonner Mirabeau !