À théophile gautier
By René-François Sully Prudhomme
Written 1875-01-01 - 1875-01-01
Maître, qui du grand art levant le pur flambeau,
Pour consoler la chair besoigneuse et fragile,
Rendis sa gloire antique à cette exquise argile,
Ton corps va donc subir l'outrage du tombeau !
Ton âme a donc rejoint le somnolent troupeau
Des ombres sans désirs, où l'attendait Virgile,
Toi qui né pour le jour d'où le trépas t'exile,
Faisais des Voluptés les prêtresses du Beau !
Ah ! les dieux (si les dieux y peuvent quelque chose)
Devaient ravir ce corps dans une apothéose,
D'incorruptible chair l'embaumer pour toujours,
Et l'âme ! l'envoyer dans la Nature entière,
Savourer librement, éparse en la matière,
L'ivresse des couleurs et la paix des contours !