A un nouveau-né
By Henri Vendel
Written 1945-01-01 - 1945-01-01
Vieux berger sans brebis et mage sans royaume,
je te salue, enfant qui rachètes le monde.
Il n'est plus de myrrhe, d'encens, plus même arome
de fromage, hélas ! ni d'étoile vagabonde.
César nous mène et les savants savent les règles
des comètes. On repeint l'univers à neuf,
mais les poussins restent toujours la proie des aigles…
Je te salue au nom de l'ânesse et du bœuf
qui gardent dans leurs cœurs l'éternelle innocence,
au nom du rouge-gorge et des chats d'alentour,
au nom de ce qui rêve, aspire, chante ou danse,
et je t'apporte un peu de pommes et d'amour.