A un poète

By François Coppée

Written 1925-01-01 - 1925-01-01

Ils disent ta jeunesse et ta verve épuisées,

Ces pédants ! Lance donc, ami, par leurs museaux,

Tes vers éclos d’hier, ainsi que des oiseaux

Qui chantent en foulant leurs coquilles brisées.

Comme, aux fêtes des rois, un bouquet de fusées

Monte dans le ciel noir, réfléchi par les eaux,

Laisse éclater ton livre, et force tous ces sots

Pour ce feu d’artifice à se mettre aux croisées.

Feu des deux bords ! Au nez des philistins divers

Continue à jeter largement les beaux vers,

Et méprise d’ailleurs le succès et la vogue.

Enfant royal, prodigue à pleins poings ton trésor,

Et fais comme Tourville au combat de la Hogue,

Qui tirait à mitraille avec des louis d'or.