à UNE JEUNE FILLE

By Louis Bouilhet

Written 1869-01-01 - 1869-01-01

La fille de Tantale, en sa forme nouvelle,

Sur les bords phrygiens devint pierre, dit-on ;

Et les dieux ont donné le vol de l'hirondelle

À la fille de Pandion.

Que je sois ton miroir, pour que vers moi sans cesse

Tu penches ton beau front orné par les amours !

Que je sois ta tunique, ô ma blanche maîtresse,

Pour que tu me portes toujours !

Que je sois dans ton bain l'onde pure et choisie

Pour presser ton beau corps dans mes plis amoureux !

Que je sois le parfum, que je sois l'ambroisie

Pour embaumer tes longs cheveux !

Que je sois le collier qui sur ton sein ruisselle !

Le lien de ta gorge aux suaves appas !

Que je sois seulement ta sandale, ô ma belle,

Pour être foulé sous tes pas !