A une Jeune Fille

By Auguste Lacaussade

Written 1876-01-01 - 1876-01-01

Niobé, dans la pierre à jamais enchaînée,

Sur les monts phrygiens, noir rocher, se dressa.

Procné, de Pandion la fille infortunée,

Devint une hirondelle et dans l'air s'envola.

Que ne puis-je à mon tour, ô maîtresse divine !

Être l'heureux miroir que regardent tes yeux,

La tunique de lin, la toile douce et fine

Qui presse tes beaux flancs entre ses plis soyeux !

Je voudrais être l'onde, ô divine maîtresse !

L'onde voluptueuse où se baigne ton corps ;

La subtile senteur qui parfume ta tresse,

Le voile où de tes seins se cachent les trésors.

Enlaçant de ton cou la blancheur virginale,

Que ne suis-je la perle ou l'ambre aux grains dorés !

Je voudrais être encore, ô beauté ! ta sandale

Pour me sentir foulé par tes pieds adorés !