À Victor Hugo

By Charles Gill

Written 1919-01-01 - 1919-01-01

Maître, comme il revient souvent, l’anniversaire

Des monarques puissants dont le règne éphémère,

Après quelques printemps, au tombeau doit finir !…

Il faut qu’un siècle passe avant que nous revienne

Ton jour de fête, ô roi de la pensée humaine

Dans l’immense avenir !

Il suffit, pour marquer la fuite des années

S’engouffrant dans l’abîme avec nos destinées,

Qu’un monde, par un astre en l’éther emporté,

Ait parcouru l’ellipse où son disque s’engage.

Mais les ans sont trop courts : les siècles comptent l’âge

De l’immortalité !

Te voici donc au seuil de ton apothéose ;

Un autre temps redit la chanson grandiose

Que sur la lyre d’or ton génie accorda.

L’Océan a clamé ton nom à notre plage ;

Puisse sa grande voix te rapporter l’hommage

Du lointain Canada !

Et si notre vivat aux bravos se marie,

C’est que nous chérissons la langue et la Patrie

Que tu couvres de gloire avec tes chants vainqueurs :

C’est bien ton verbe noble à la mâle cadence

Qui vibre dans nos voix, c’est bien ta noble France

Qui vibre dans nos cœurs !

Malgré les faibles sons d’une lyre inhabile,

Nous voulons célébrer ton œuvre indélébile,

En des vers fugitifs que guette le néant,

Pardon, si notre Muse, ô maître, ambitionne

Cet orgueil d’élever sa modeste couronne

Jusqu’à ton front géant !