A Zola

By Théodore Banville

Written 1884-01-01 - 1884-01-01

Pour savourer votre roman,

Je néglige Saint-Arroman

Et Fanfreluche,

Car avec sa vaillante amour,

Votre Pauline est à son tour

Ma coqueluche.

Mais dans ce livre soucieux,

Qui met des larmes dans mes yeux

Et sur ma joue,

On rencontre, mon cher Zola,

Un seul mot qui me désola.

Oui, je l'avoue.

Quand sous les rameaux du pommier

Qui fut dépouillé le premier,

Blanche, elle rêve,

(Peut-être du futur Abel,)

Ce qui fait alors le plus bel

Ornement d'Ève ;

Ce que Théophile Gautier

Chanta, savant dans son métier

Jusqu'au sublime ;

Par un effroi nauséabond,

Ce que le peintre pudibond

A tort supprime ;

Or ou sombre nuit dans les lys

Qui font la beauté de Cypris

Divine et tendre,

Ce qui sied à leur floraison,

Mon ami, vous avez raison

De le lui rendre.

Mais vous, peintre aux accords savants,

Associez les bruns vivants

Avec l'ivoire !

Car bien que la Galigaï

Aux jours de son règne haï

Fût assez noire,

O mon ami, c'est entendu,

Même alors, et dans ce temps du

Maréchal d'Ancre

Dont le sang nous éclaboussa,

On n'a jamais appelé ça :

La tache d'encre !