Adieu a la nouvelle-écosse

By Jean Baptiste Caouette

Written 1892-01-01 - 1892-01-01

Quelque soit ton destin, ô ma Nouvelle-Écosse ‒

Doux nid que le devoir, dans sa rigueur atroce,

M'ordonna de quitter ‒ jusqu'au dernier soupir

Je jure de garder ton tendre souvenir !

A tes monts que l'été couronne de verdure,

A ton sol généreux qui donne sans mesure,

Aux côtes de granit qui te font un rempart,

J'accorde volontiers de mon cœur une part !

Dans tes vieilles forêts ‒ grandes comme un royaume ‒

Le sapin résineux répand son doux arôme ;

Et, défiant toujours l'ouragan furieux,

Le chêne y dresse aussi son front majestueux !

Puis dans tes champs rayonne, à travers la rosée,

Une fleur que ma main à souvent caressée ;

Son nom est May flower, l'orgueil de l'Écossais,

Témoin de ses revers et de tous ses succès !

Je n'aurai plus peut-être, un jour, l'heureuse chance

De pouvoir t'admirer, lieu cher de ma naissance !

Mais du moins quand mes yeux verront la May flower,

Ils la contemplerons longtemps avec bonheur…

Adieu, Nouvelle-Écosse, ô ma belle patrie !

Quoique éloigné de toi, je t'aime à la folie !

Si les ans entre nous passent comme les flots,

Mon amour grandira nourri par mes sanglots !