Adieu a la nouvelle-écosse
Written 1892-01-01 - 1892-01-01
Quelque soit ton destin, ô ma Nouvelle-Écosse ‒
Doux nid que le devoir, dans sa rigueur atroce,
M'ordonna de quitter ‒ jusqu'au dernier soupir
Je jure de garder ton tendre souvenir !
A tes monts que l'été couronne de verdure,
A ton sol généreux qui donne sans mesure,
Aux côtes de granit qui te font un rempart,
J'accorde volontiers de mon cœur une part !
Dans tes vieilles forêts ‒ grandes comme un royaume ‒
Le sapin résineux répand son doux arôme ;
Et, défiant toujours l'ouragan furieux,
Le chêne y dresse aussi son front majestueux !
Puis dans tes champs rayonne, à travers la rosée,
Une fleur que ma main à souvent caressée ;
Son nom est May flower, l'orgueil de l'Écossais,
Témoin de ses revers et de tous ses succès !
Je n'aurai plus peut-être, un jour, l'heureuse chance
De pouvoir t'admirer, lieu cher de ma naissance !
Mais du moins quand mes yeux verront la May flower,
Ils la contemplerons longtemps avec bonheur…
Adieu, Nouvelle-Écosse, ô ma belle patrie !
Quoique éloigné de toi, je t'aime à la folie !
Si les ans entre nous passent comme les flots,
Mon amour grandira nourri par mes sanglots !