Ανδρομῆδη
By Jean Lorrain
Written 1882-01-01 - 1882-01-01
COMME un beau lys de neige emporté dans des algues
Sur la grève, au soleil, vient mourir, desséché,
Andromède gémit, debout au bord des vagues,
Nue et tordant ses bras aux parois du rocher.
Sous les feux du couchant le sable, ardente lave,
Brûle ce torse vierge au rivage attaché
Et la dune est déserte et le monstre qui bave
S'avance avec le flux et semble s'approcher.
L'œil fixe, elle agonise et râle, inerte, en proie
A l'horrible épouvante et son beau cou qui ploie,
Se gonfle et se meurtrit au lourd carcan de fer.
Et tandis qu'elle meurt, saignante, échevelée,
Formidable et puissant, monte et surgit, dans l'air,
Le groupe de Pégase et du divin Persée.