Août
Written 1925-01-01 - 1925-01-01
La nuit d'été succède au jour incandescent…
Le front ceint de pavots et de lierre et d'acanthe,
Elle étend sur nous, funèbre et resplendissante,
Une ombre de velours aux cassures d'argent.
Elle verse au monde endormi le seul néant
Sans épouvante… O silence ! Paix innocente !
Vous ne voyez donc pas mon cœur saignant d'amante ?
…Je hurlerais d'horreur à ce calme insultant
Pour pouvoir de mes cris, javelots de souffrance,
Briser ce miroir pur et trompeur du silence
En fragments aigus ! Bouleverser cette paix !
Troubler l'étreinte éparse où la chair n'est plus qu'une,
Quand mon amour, à moi, m'écrase de son faix !
Oui, oui !… Crier, hurler, comme un chien, à la lune