Approche

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

On fane. L'herbe meurt et parfume l'air tendre.

L'alouette grisolle et le blé songe aux meules.

Chanteront-ils encore, les grillons, sous la cendre,

lorsqu'aux longs soirs d'hiver mon âme sera seule ?

Mais où sera mon âme, où ses frêles amours,

quand les buissons mouillés n'auront plus qu'ombre vaine.

La mort hume l'arôme hélas ! de ces beaux jours,

sa main prend notre épaule et déjà nous entraîne,

o fleurs, vers quelle danse et quel sabbat immondes ?

Au bruit des faux dans l'herbe un grondement se mêle,

et, tandis que s'ébranle une macabre ronde,

les oiseaux vers leurs nids volent à tire d'ailes.