Arrivée

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1932-01-01 - 1932-01-01

Dans la fente de mes rideaux

Je vois remuer des étoiles.

L'estuaire est plein de bateaux

Qui s'en vont sous leurs quatre voiles.

Je suis seule au coin de mon feu.

Printemps, campagne, grandes bûches.

Le silence est chargé d'embûches

Et tel qu'il m'étourdit un peu.

Et cependant Paris existe

Au loin, et son immense bruit.

A Paris, mon Dieu, que c'est triste

De n'être pas seul dans la nuit !

J'évoque, et mon front dans mes paumes

Est lourd de rêves enchanteurs,

Les maisons à radiateurs

Qui sont sans rêves ni fantômes.