Attente

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

D'autres se battent. J'attends…

J'attends, depuis des années,

que s'apaisent les autans,

comme une âme condamnée

qui ne peut rien à sa peine.

Ah ! l'horreur est monotone

de cette maraude humaine

où sans fin le canon tonne !

Je suis las de toujours voir

la mort mener la misère.

Je suis las de ne pouvoir

faire rien que des prières.

Jour et nuit, rouges fontaines,

jaillit tant de jeune sang,

et, malgré ce flux, la haine

garde encore la soif aux dents.

Nos cœurs sont des cimetières

aux tombes toujours nouvelles.

Quand les tristes Filandières,

crampe aux mains, chômeront-elles ?