Au Couchant

By Armand Silvestre

Written 1876-01-01 - 1876-01-01

N'étant plus qu'un brouillard vermeil,

L'horizon dans la nuit recule :

Je voudrais, comme le soleil,

Mourir dans l'or d'un crépuscule !

Sentir l'universel émoi,

Suivre au loin ma trace blanchie

Et, d'une grande ombre, après moi,

Laisser la terre rafraîchie ;

Descendre seul dans mon tombeau,

Mais léguer mon âme à la nue

Pour y rallumer le flambeau,

De chaque étoile au ciel venue,

Emporter la vie et, pourtant,

La laisser rayonner encore ;

Donner au monde palpitant

Le gage sacré d'une aurore ;

Sûr de remonter le chemin.

Qu'a tracé ma course première,

Garder en moi mon lendemain

Fait de chaleur et de lumière !

Car l'âme des astres vermeils

Dans mes veines en feu circule

Et je veux, comme les soleils,

Renaître dans un crépuscule !