Au passage
Written 1910-01-01 - 1910-01-01
Nous traversions cette campagne italienne.
Ah ! qu'à jamais il m'en souvienne,
A cause que les blés étaient vraiment en or
Comme il est dit dans les chansons qu'on chante encor.
Tout au milieu du plein soleil et des creux d'ombres,
Ombelles géantes et sombres,
Se dressaient dans le ciel les grands pins parasol,
Avec leur dessin noir sur la clarté du sol.
Les groupes paysans maniaient des faucilles.
Sur la tête brune des filles,
Le pagne italien recouvrait les cheveux,
Et c'étaient tant de belles dents et de beaux yeux !
Et que j'aimais surtout, parmi les blés sans bornes
Que les faucilles couperont,
Ces bœufs blancs qui portaient avec fierté leurs cornes
Comme une lyre lisse et noire sur le front !…