Automne

By Anna Noailles

Written 1913-01-01 - 1913-01-01

Puisque le souvenir du noble été s'endort,

Automne, par quel âpre et lumineux effort,

— Déjà toute fanée, abattue et moisie, —

Jetez vous ce brûlant accent de poésie ?

Votre feuillage est las, meurtri, presque envolé.

C'est fini, la beauté des vignes et du blé ;

Le doux corps des étés en vous se décompose ;

Mais vous donnez ce soir une suprême rose.

— Ah ! comme l'ample éclat de ce dernier beau jour

Soudain réveille en moi le plus poignant amour !

Comme l'âme est par vous blessée et parfumée,

Triste Automne, couleur de nèfle et de fumée !…