Aux félibres
Written 1925-01-01 - 1925-01-01
Souffrant, j’étais venu sur le doux littoral,
Frileux, je me chauffais au soleil de Provence,
Lorsque — joie et fierté ! — sur mon chemin s’avance
Le Félibrige avec son chef, le grand Mistral.
A moi, l’humble rimeur, à peine leur égal,
Ils offrent leurs beaux vers comme une redevance.
Leur fraîche poésie est une eau de Jouvence.
Je m’y baigne et j’en sors guéri. Je n’ai plus mal.
A mon départ, — il faut que tout bon temps finisse, —
Je ne comptais cueillir, sur la côte de Nice,
Qu’un bouquet tôt flétri de ses roses d’hiver.
Chers félibres, merci ! car de vos nuits sans voiles
Et de leurs astres d’or reflétés dans la mer
J’emporte, grâce à vous, une gerbe d’étoiles.