Aux félibres

By François Coppée

Written 1925-01-01 - 1925-01-01

Souffrant, j’étais venu sur le doux littoral,

Frileux, je me chauffais au soleil de Provence,

Lorsque — joie et fierté ! — sur mon chemin s’avance

Le Félibrige avec son chef, le grand Mistral.

A moi, l’humble rimeur, à peine leur égal,

Ils offrent leurs beaux vers comme une redevance.

Leur fraîche poésie est une eau de Jouvence.

Je m’y baigne et j’en sors guéri. Je n’ai plus mal.

A mon départ, — il faut que tout bon temps finisse, —

Je ne comptais cueillir, sur la côte de Nice,

Qu’un bouquet tôt flétri de ses roses d’hiver.

Chers félibres, merci ! car de vos nuits sans voiles

Et de leurs astres d’or reflétés dans la mer

J’emporte, grâce à vous, une gerbe d’étoiles.