Balanide II

By Paul Verlaine

Written 1891-01-01 - 1891-01-01

Gland, point suprême de l’être

De mon maître,

De mon amant adoré

Qu’accueille avec joie et crainte,

Ton étreinte

Mon heureux cul, perforé

Tant et tant par ce gros membre

Qui se cambre,

Se gonfle et, tout glorieux

De ses hauts faits et prouesses,

Dans les fesses

Fonce en élans furieux. –

Nourricier de ma fressure

Source sûre

Où ma bouche aussi suça,

Gland, ma grande friandise,

Quoi qu’en dise

Quelque fausse honte, or, çà,

Gland, mes délices, viens, dresse

Ta caresse

De chaud satin violet

Qui dans ma main se harnache

En panache

Soudain d’opale et de lait.

Ce n’est que pour une douce

Sur le pouce

Que je t’invoque aujourd’hui

Mais quoi ton ardeur se fâche…

Ô moi lâche !

Va, tout à toi, tout à lui,

Ton caprice, règle unique.

Je rapplique

Pour la bouche et pour le cu

Les voici tout prêts, en selle,

D’humeur telle

Qui te faut, maître invaincu.

Puis, gland, nectar et dictame

De mon âme,

Rentre en ton prépuce, lent

Comme un dieu dans son nuage,

Mon hommage

T’y suit, fidèle – et galant.