Ballade cacorime

By Laurent Tailhade

Written 1891-01-01 - 1891-01-01

Au chant des luths et du kinnor

Gabriel — tout en or — épelle,

Ô combien soëve ténor !

La séquence et l’hymne si belle.

Tout près de lui, sur l’escabelle,

Un marlou de chef démuni

Répond Amen tandis que bêle

Madame veuve Pranzini.

Quadragénaire mutine ! Or

Elle est vicomtesse et rappelle,

Quant aux chloroses, gé. Vanor.

Comme figue mûre qu’on pèle,

Comme raisin dans la coupe, elle

Sécrète un mucus infini

À l’odeur des pieds isabelle,

Madame veuve Pranzini.

Dans Bullier, où sont les Connor,

Aux Gobelins, à la Chapelle

Ses yeux trouvent le kohinor,

Id est : rognon du tout imbelle,

Pin d’Atys, mais avant Cybèle.

Pour ce elle jute en maint garni,

La très ci-devant colombelle :

Madame veuve Pranzini.

Prince, ton maître de chapelle

Préfère Bach à Rossini.

Mais, vers l’Inflammatus, compelle

Madame veuve Pranzini.