Ballade de la joyeuse chanson du cor

By Théodore Banville

Written 1873-01-01 - 1873-01-01

Ainsi qu'un orage tonnant

A la voix des magiciens,

Le cor éveille, en résonnant

Sur les coteaux aériens,

Le chœur des vents musiciens.

Sonnez, piqueurs galonnés d'or !

Parmi les aboiements des chiens

Qu'il est joyeux le son du cor !

Dans le clair matin rayonnant,

Plus d'ennuis et plus de liens

Au bois sauvage et frissonnant

Qui n'a que des loups pour gardiens !

Éclatez, cris olympiens,

Encor ! Encor ! Encor ! Encor !

O chasseurs, francs bohémiens,

Qu'il est joyeux le chant du cor !

Le soleil embrase, en tournant,

Les gorges de ces monts anciens,

Et l'on croit y voir maintenant

Briller cent rubis indiens.

O sanglier géant, tu viens

Tomber dans ce riche décor :

Hurrah ! bons chiens patriciens !

Qu'il est joyeux le chant du cor !

Prince, les beaux tragédiens

Que ces chiens au rapide essor,

Et dans les vents éoliens

Qu'il est joyeux le chant du cor !