Berceuses veuves

By Robert Montesquiou

Written 1896-01-01 - 1896-01-01

« Elle est comme une porcelaine

Où veille comme une lueur,

Qui réchauffe comme une haleine

Et qui palpite comme un cœur.

C'est la veilleuse de ma vie

Triste comme une nuit sans fin,

Mais encor faiblement ravie

Par ce crépuscule divin.

Je suis comme une porcelaine

Où s'endort comme une lueur,

Qui palpite comme une haleine

Et qui réchauffe comme un cœur. »

« Elle est une de ces mésanges

Qui se posent sur les roseaux :

Elle a le front de tous les anges

Et l'aile de tous les oiseaux.

Et quand vibrent ses chansonnettes

Parmi mes rêves défaillis :

C'est un vol de bergeronnettes

Dans l'obscurité d'un taillis.

Elle est une de ces mésanges

Qui ne courbent pas les roseaux

Elle a l'âme de tous les anges,

Et la voix de tous les oiseaux. »