Billet doux
Written 1884-01-01 - 1884-01-01
Blondine, j’ai perdu mon cœur,
En vous reconduisant, Dimanche.
Connaissez-vous pas l’escroqueur ?
Blondine, j’ai perdu mon cœur.
Je vous vois d’ici, l’air moqueur,
Me dire : Il n’est pas dans ma manche.
Blondine, j’ai perdu mon cœur,
En vous reconduisant, Dimanche.
Serait-il pas entré chez vous ?
Très fortement je l’en soupçonne.
Il a parfois des pensers fous ;
Serait-il pas entré chez vous ?
Ne vous mettez pas en courroux
Je n’accuse encore personne.
Serait-il pas entré chez vous ?
Très fortement je l’en soupçonne.
Il est comme les papillons
Qui vont toujours vers les lumières,
Quitte à brûler tous leurs paillons.
Il est comme les papillons ;
Or, il a dû voir les rayons
Qui s’échappent de vos paupières.
Il est comme les papillons
Qui vont toujours vers les lumières.
A-t-il eu tort ou bien raison
De risquer un tel coup d’audace ?
Dites le moi, Lise, Lison,
A-t-il eu tort ou bien raison.
Gardez le dans votre maison,
Baste ! il tiendra si peu de place.
A-t-il eu tort ou bien raison
De risquer un tel coup d’audace ?