Calvitie
Written 1884-01-01 - 1884-01-01
COIFFEUR ! Tu me trompais quand par tes artifices
Tu disais raffermir mes cheveux défaillants.
Ceux qu’avaient épargnés tes fers aux mors brûlants.
Tu les assassinais d’eaux régénératrices !
Tu m’as causé, coiffeur, de si grands préjudices
Que je te voudrais voir, ayant perdu le sens.
Sur toi-même épuiser tes drogues corruptrices
Et tourner contre toi tes engins malfaisans.
Ainsi, quand l’ouragan s’abat sur la futaie.
D’un souffle destructeur il arrache et balaie
La verte frondaison qui jonche le chemin.
Au bocage pareil, mon front est sans mystère.
Il ne me reste plus un cheveu sur la terre.
Et je gémis, songeant au crâne de Robin !