Cantilène des trains
Written 1894-01-01 - 1894-01-01
Ce sont les gares, les lointaines gares,
Où l'on arrive toujours trop tard.
Belle-maman, embrassez-moi,
Embrassez-moi encore une fois,
Et empilons-nous comme des anchois
Dans le vieil omnibus bourgeois.
Ouf, brouf !
Waterpoofs !
Cannes et parapluies…
Je ne sais plus du tout où j'en suis.
Voici venir les hommes d'équipe
Qui regardent béatement en fumant leurs pipes.
Le train, le train que j'entends !
Nous n'arriverons jamais à temps.
(Certainement.)
— Monsieur, on ne peut plus enregistrer vos bagages :
C'est vraiment dommage.
La cloche du départ, écoutez la cloche :
Le mécanicien et le chauffeur ont un cœur de roche ;
Alors, inutile d'agiter notre mouchoir de poche ?
Ainsi les trains s'en vont rapides et discrets :
Et l'on est très embêté après.