Cavalcade
Written 1860-01-01 - 1860-01-01
HOP ! nos chevaux rongent le mors ;
L'un hennit, l'autre se cabre.
Partons avec tous nos trésors,
Toi tes yeux, et moi mon sabre.
Nos chevaux sont très blancs, très beaux,
Avec des narines roses ;
Laissant retentir leurs sabots,
Nous nous dirons bien des choses.
Avant que ton amour me prit,
Vivre n'était qu'un vain rêve.
Il faisait nuit dans mon esprit,
Avec toi le jour se lève.
Le jour se lève ! Oh ! je dis bien ;
D'hier je n'ai plus mémoire !
Tout ce qui n'est pas toi n'est rien,
Et tombe dans la mer Noire.
Fuyons, allons où tu voudras :
Pour nos cœurs point de barrières !
Je te porterai dans mes bras,
S'il faut passer des rivières !
Ne crains ni les bois ni les monts ;
Crois en l'espoir dont je vibre.
Nous sommes deux, nous nous aimons,
Et devant nous est l'air libre !
Hop ! nos chevaux rongent le mors ;
L'un hennit, l'autre se cabre.
Partons avec tous nos trésors,
Toi tes yeux, et moi mon sabre !