Chaise longue
Written 1951-01-01 - 1951-01-01
Je ne sais si je dors, mais je sais que je rêve.
Ma ville est à mes pieds, et l'estuaire bleu.
D'ici, rien n'a changé. Je me retrouve un peu
Dans mon enfance longue et ma jeunesse brève.
D'ici, je n'entends pas bourdonner les moteurs
Dans les barques, non plus les nouvelles musiques
Dans les maisons en proie aux jouets mécaniques.
Je n'entends que la cloche, ou crier les vapeurs.
Je ne descendrai plus dans ma ville, investie
Par l'esprit d'aujourd'hui brutal et décevant.
Je resterai chez moi, douloureux ci-devant,
Dans l'odeur du passé, pas encore partie.