Chanson a manger
Written 1896-01-01 - 1896-01-01
NOS repas furent sommaires,
Cette semaine : enfoncés
Les Marguerys et les Maires
Aux menus par trop foncés.
Fi de la sole normande,
Fi de l’entrecôte au jus,
Puisque tous ces jours-ci j’eus
La satisfaction grande
D’être un végétarien
A l’instar de ce poète
Bouchor, ou de cet esthète
Sarcey, critique ancien.
Nous mangeâmes de la soupe
Où lentilles et poireaux
Mêlaient leurs parfums farauds
A celui du pain qu’on coupe.
L’eau coulait dans le cristal
Plus pure que loi, plus claire,
Meilleure que vin ou bière,
Boire idéal et fatal !
C’est dommage que le ventre
Soit un ventre préférant
Encore un bon restaurant
A Polyphème, ton antre !