Chanson indienne

By Louis Ménard

Written 1855-01-01 - 1855-01-01

L'açoka grandit dans la forêt sombre.

Caressez l'açoka, fraîches brises du soir.

Les fleurs de l'açoka naîtront, quand sous son ombre

La vierge viendra rêver et s'asseoir.

Mais en vain la brise et le soleil rose

Voudraient sous leurs baisers les faire épanouir :

Si jamais nulle vierge, hélas ! ne s'y repose,

L'açoka se penche et meurt sans fleurir.

La fleur des chansons germe dans mon âme.

Pour ouvrir son calice à la clarté du jour,

Il lui faut un rayon de votre ardente flamme,

Vierges aux doux yeux, un regard d'amour !

Mais déjà s'enfuit la jeunesse blonde

Sans qu'un des jours passés mérite un souvenir.

L'amour n'est pas venu ; mon cœur, plante inféconde,

Comme l'açoka mourra sans fleurir.