Chanson paimpolaise

By Charles Le Goffic

Written 1914-01-01 - 1914-01-01

Les marins ont dit aux oiseaux de mer :

Nous allons bientôt partir pour l’Islande,

Quand le vent du Nord sera moins amer

Et quand le printemps fleurira la lande. »

Et les bons oiseaux leur ont répondu :

« Voici les muguets et les violettes.

Les vents sont plus doux ; la brume a fondu :

Partez, ô marins, sur vos goélettes.

« Vos femmes ici prieront à genoux.

Elles vous seront constamment fidèles.

Nous voudrions bien partir avec vous,

S’il ne valait mieux rester auprès d’elles.

« Nous leur parlerons de votre retour ;

Nous dirons les gains d’une pêche heureuse,

Et comment la nuit, et comment le jour,

Comment votre cœur bat sous la vareuse.

« Et nous les ferons renaître à l’espoir,

Tandis que, les veux tournés vers le pôle.

Elles s’en viendront, au tomber du soir.

Pleurer deux à deux sur les bancs du môle. »