Chant de départ
By Aimé Camp
Written 1871-01-01 - 1871-01-01
Alerte ! Francs-tireurs, alerte !
L’aube a blanchi le ciel : allons !
Sur les coteaux, dans les vallons,
La chasse homicide est ouverte.
Alerte ! Francs-tireurs, alerte !
L’aube a blanchi le ciel : allons !
Elle saigne, la noble France !
Amis, courons à son secours.
Prométhée en proie aux vautours,
Le grand peuple est dans la souffrance.
Elle saigne la noble France !
Amis, courons à son secours.
Blessée, elle combat encore.
Dans nos cœurs palpite le sein.
Répandons le sang prussien.
Vengeons la : sa voix nous implore.
Blessée, elle combat encore.
Dans nos cœurs palpite le sien.
Que chaque arbre, que chaque roche
Envoie une balle aux Uhlans.
Nous saurons, prompts et vigilants,
Des ennemis guetter l’approche.
Que chaque arbre, chaque roche
Envoie une balle aux Uhlans.
Le fer détruit, la mai profane
Tout ce qui faisait notre orgueil.
Nos campagnes sont dans le deuil ;
Le trépas sur nos cités plane.
Le fer détruit, la main profane
Tout ce qui faisait notre orgueil.
L’Allemagne à nos maux insulte ;
Elle rit de nos droits sacrés.
Gloire à nos frères massacrés,
A la justice, notre culte !
L’Allemagne à nos maux insulte ;
Elle rit de nos droits sacrés.
A-t-elle oublié que ses fleuves
Ont reflété nos trois couleurs ?
Lorraine, Alsace, vos douleurs
Sont de passagères épreuves.
A-t-elle oublié que ses fleuves
Ont reflété nos trois couleurs ?
Ils ont dit que la France sombre.
La France sombrer… non, jamais !
Dieu lui rendra les grands sommets.
Elle sortira de cette ombre.
Ils ont dit que la France sombre.
La France sombrer… non, jamais !
Les hordes souillant ce sol libre
S’engloutiront sous un volcan.
La Patrie armée est un camp,
Et tout cœur de colère vibre.
Les hordes souillant ce sol libre
S’engloutiront sous un volcan.
Compagnons, espoir et courage !
Le clairon sonne, il faut partir,
Intrépides, adroits au tir,
Hâtons notre sanglant ouvrage
Compagnons, espoir et courage !
Le clairon sonne, il faut partir.
Adieu, terre roussillonnaise,
Vertes plaines, superbes monts !
Mer, aux flots bleus, que nous aimons,
Doux bords où la vague s’apaise !
Adieu, terre roussillonnaise,
Vertes plaines, superbes monts !
O mères, sœurs et fiancées,
Au revoir !… Mais reviendrons-nous ?
Pour vous, objets si chers, pour vous
Seront nos suprêmes pensées.
O mères, sœurs et fiancées,
Au revoir !… Mais reviendrons-nous ?
Qu’importe la mort à qui tombe
Pour le pays de ses aïeux ?
A son âme s’ouvrent les cieux.
La liberté croit sur sa tombe
Qu’importe la mort à qui tombe
Pour le pays de ses aïeux ?
Alerte ! Francs-tireurs, alerte !
L’aube a blanchi le ciel : allons !
Sur les coteaux, dans les vallons,
La chasse homicide est ouverte.
Alerte ! Francs-tireurs, alerte !
L’aube a blanchi le ciel : allons !