Charles gounod

By Camille Saint-Saëns

Written 1890-01-01 - 1890-01-01

Son art a la douceur, le ton des vieux pastels.

Toujours il adora vos voluptés bénies,

Cloches saintes, concert des orgues, purs autels :

De son œil clair il voit les beautés infinies.

Sur la lyre d’ivoire, avec les Polymnies,

Il dit l’hymne païen, cher aux Dieux immortels.

« Faust » qui met dans sa main le sceptre des génies

Égale les Juans, les Raouls et les Tells.

De Shakspeare et de Goethe il dore l’auréole ;

Sa voix a rehaussé l’éclat de leur parole :

Leur œuvre de sa flamme a gardé le reflet.

Échos du mont Olympe, échos du Paraclet

Sont redits par sa Muse aux langueurs de créole :

Telle vibre à tous vents une harpe d’Éole.