CHŒUR DES NYMPHES, dans la coulisse.
Written 1904-01-01 - 1904-01-01
Nymphes des bois et des rivières,
Nymphes des sources, des clairières,
L'archer cuirassé d'or a redoublé d'ardeur :
Venez… Les grands bois noirs ouvrent leur profondeur.
Gagnons nos plus secrets asiles…
La mer miroite autour des îles ;
Les lézards brûlent, immobiles.
Le ciel palpite ardent et bleu ;
Nos bouches respirent du feu.
La terre à la chaleur se pâme ;
Nos bras étreignent de la flamme.
Cherchons, dans l'antre obscur, pour nos lèvres blessées,
L'eau qui pleure en larmes glacées.
Les ruisseaux sont taris dans leur lit de cailloux,
Les fleurs penchent à demi mortes…
Adorons le soleil qui rend les fruits plus doux
Et qui fait les moissons plus fortes.
Levant leurs sabots d'or, ses quatre chevaux blancs
Ont des flammes à la crinière.
Chantons, chantons, mes sœurs, les jours étincelants
Et les grands soleils ruisselants
Dans l'abîme de la lumière !