CLIII

By Tristan Derème

Written 1922-01-01 - 1922-01-01

Amour, mon amour le plus cher,

J'ai connu ces aubes cruelles,

Veillant encor à l'heure où je voyais blanchir

L'aube couleur de plâtre sur les tuiles.

J'en pleurais, mais, têtu, jusqu'au

Sommeil je méditais sur le mystère

Et quelquefois, vague ivresse un écho

Faible me répondait du fond de la nature.

Puis comme un astre éclaterait

T'incendiant, nuit coutumière,

Muses, j'ai tressailli dans la chair et l'esprit

Et j'ai marché dans l'immense lumière.

Car le monde est harmonieux

Comme un beau chœur que soutiennent les lyres.

Ouvre les yeux, Amour, ouvre les yeux

Et danse de plaisir dans l'air que tu respires.

Amour, mon amour le plus cher,

J'ai connu ces aubes cruelles,

Veillant encor à l'heure où je voyais blanchir

L'aube couleur de plâtre sur les tuiles.

J'en pleurais, mais, têtu, jusqu'au

Sommeil je méditais sur le mystère

Et quelquefois, vague ivresse un écho

Faible me répondait du fond de la nature.

Puis comme un astre éclaterait

T'incendiant, nuit coutumière,

Muses, j'ai tressailli dans la chair et l'esprit

Et j'ai marché dans l'immense lumière.

Car le monde est harmonieux

Comme un beau chœur que soutiennent les lyres.

Ouvre les yeux, Amour, ouvre les yeux

Et danse de plaisir dans l'air que tu respires.